Chirurgie de la diplopie : F.A.Q.

(Les opérations pour diplopie = pour vision double) : FAQ

Nombres de réponses données ne sont valides que pour la technique de l’auteur.

Chaque patient doit poser ses questions au chirurgien qui l’opèrera

J’ai de toute façon besoin de porter des lunettes pour bien voir et j’ai une diplopie parfaitement compensée par un petit prisme incorporé à mes lunettes.

Quel serait l’intérêt de me faire opérer de ma diplopie ?

Aucun !


J’ai une diplopie, mais je vois simple avec des lunettes comportant des prismes. Dans quels cas aurais-je un intérêt à me faire opérer de ma diplopie ?

- S’il persiste une diplopie gênante dans certaines directions du regard. Par exemple si vous voyez quand même double dès que vous baissez ou tournez les yeux. En effet, si l’écart entre les images varie avec la direction du regard, seule la chirurgie permet une correction différente dans les différentes directions du regard.

- Si la puissance des prismes est telle qu’ils rendent les lunettes épaisses et lourdes, voire si seuls des prismes adhésifs (press-on), inconfortables et peu pratiques sont disponibles pour votre diplopie.

- Si vous pourriez vous passer de lunettes, mais êtes obligé de les porter uniquement pour bénéficier des prismes

- S’il existe une torsion, c’est-à-dire si une des deux images est penchée. Les prismes ne peuvent pas corriger une torsion. Même lorsque, grâce aux prismes, le cerveau parvient à fusionner les images et à voir simple, un inconfort et une fatigabilité peuvent exister du fait de l’effort que demande la compensation de la torsion.


En pratique, qu’est-ce qui devrait me faire demander d’opérer ma diplopie ?

En pratique, chaque fois que c’est possible, l’ophtalmologiste prescrit la meilleure solution médicale pour la diplopie. Ce n’est que si une gêne persiste malgré cela que l’on commence à parler d’opération de la diplopie.



Ma diplopie est très variable d’un instant à l’autre. Comment allez-vous faire pour l’opérer ?

La première chose devant une diplopie est d’en comprendre le mécanisme et d’en trouver la cause, ou bien d’affirmer l’absence de cause évolutive.

- Si la variabilité de la diplopie est due à une myasthénie (voir infra), on n’envisagera une opération que dans des cas bien particuliers, après échec du traitement médical, ou renoncement à celui-ci en raison d’effets secondaires.

- Si la variabilité de la diplopie est due à une instabilité de la fusion des images (provoquée par exemple par une torsion - cf supra), la chirurgie permet souvent une meilleure fusion, donc une vision simple et stable, au moins de face.

- Si la variabilité est liée à la fatigue, si la cause de la diplopie n’est pas une myasthénie (maladie immunitaire bien spécifique), ce n’est pas votre diplopie qui est variable ! C’est votre capacité à faire un effort pour compenser cette diplopie qui se dégrade lorsque vous êtes fatigué. La chirurgie de la diplopie visera à vous permettre de voir simple sans effort, ce qui supprimera cette variabilité. Opérer sous anesthésie topique (= gouttes dans les yeux) et réaliser ainsi une chirurgie réglable est de loin le meilleur moyen d’atteindre ce but.

 

Ma diplopie augmente au fil des ans, et on doit régulièrement augmenter mes prismes. Si vous m’opérez demain, comme ça augmente, faudra-t-il que je reporte des prismes ou que je me refasse opérer dans un ou deux ans ?

Cela correspond à deux situations radicalement différentes.

1) Vous n’avez pas de lésion cérébrale ou de maladie neurologique évolutive : l’augmentation nécessaire de la puissance des prismes ne correspond probablement pas à une évolutivité de votre diplopie mais à une dégradation (simplement liée à l’âge) de votre capacité à faire des efforts pour compenser la diplopie. Ce qui vous permet de voir simple pour une diplopie donnée est la somme des prismes et des efforts dont vous êtes capable. A diplopie inchangée, lorsque vos efforts se dégradent, on doit augmenter les prismes bien que la diplopie, elle, n’ait pas augmenté. C’est l’équivalent de la variabilité liée à la fatigue de la question précédente. La chirurgie vise à permettre de voir simple sans aucun effort résiduel, et, lorsque ce but est atteint, la guérison est définitive. Encore une fois, la chirurgie réglable, qui permet d’examiner le patient en cours d’opération, est de loin la meilleure solution.

2) Vous avez une lésion cérébrale connue, responsable de la diplopie. Il s’agit généralement de lésions très bénignes (méningiome, neurinome…) et , parfois, on préfère les laisser en place plutôt que de les opérer. Dans ce cas, on augmente les prismes tant que cela est possible. Lorsque cela ne suffit plus, on opère la diplopie de façon à se passer des prismes. Puis, si la diplopie augmente encore (ce n’est jamais une certitude, sinon on surcorrigerait lors de la chirurgie afin d’avoir « un coup d’avance »), on remet des prismes tant que cela est possible, puis on peut être amené à ré-opérer.







En pratique, comment se passent les réglages pour une chirurgie réglable de la diplopie ?

Avec vos lunettes ou vos lentilles, vous vous asseyez sur la table d’opération,  et  le chirurgien  vous demande si vous voyez double !

Si c’est encore double, on défait les nœuds (pour cette chirurgie, on fait des nœuds qui se défont juste en tirant sur les fils), et on relâche plus ou on retend plus, puis on contrôle à nouveau.

Lorsque la vision n’est plus  double, on rend les nœuds définitifs.

Il arrive que la vision ne soit plus double de face, mais redevienne double  dès que le patient tourne un peu les yeux. Il peut falloir plusieurs essais pour trouver le réglage qui permet le plus large champ de vision simple.


Mon œil droit voit double (= ma diplopie persiste en cachant mon œil gauche). Peut-on m’opérer ?

La cause de votre diplopie n’est pas un trouble oculomoteur. Une chirurgie oculomotrice ne peut donc pas vous aider.

Il faut d’abord trouver la cause de votre vision double.


J’ai un strabisme congénital et je ne me sers que de l’œil droit. Depuis que j’ai voulu exprès faire travailler aussi mon œil gauche, je vois double. Pouvez-vous m’opérer ?

Non !

Enfant, votre cerveau s’est adapté au strabisme afin d’éviter une diplopie : il a appris à neutraliser l’image de l’œil dévié, l’œil gauche dans votre cas. En faisant volontairement travailler cet œil à un âge auquel le cerveau ne sait plus s’adapter, vous avez déneutralisé. Même si je vous opère pour aligner vos yeux, votre vue restera double. Il est même possible que la diplopie soit encore plus gênante parce que la seconde image sera plus proche.





De nombreuses réponses concernant la chirurgie de la diplopie figurent à la page précédente (F.A.Q strabisme) car la diplopie binoculaire est liée à un strabisme apparu à un âge trop avancé (après 7 à 12 ans) pour que le cerveau puisse s’adapter en neutralisant (=en gommant) l’image de l’œil dévié.

La diplopie est souvent liée à une paralysie d’un ou de plusieurs muscles oculomoteurs. La chirurgie ne consiste pas à guérir la paralysie -on ne sait pas le faire- mais à :

- recentrer l’œil dévié

- maintenir les yeux « attelés » le plus loin possible vers les côtés et vers le bas. Le regard vers le haut est moins important sauf pour nager et faire du vélo sportif (=situation où on se baisse et où il faut donc lever les yeux pour regarder devant soit).

RÉ-ATTELER LES YEUX








=LA CLÉ DU TRAITEMENT DES DIPLOPIES

Strabisme et diplopie post-opératoire :

Petite histoire exemplaire !

FAQ « Strabisme »